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Le fauteuil créole
Cette année " Expobois " aura pour thème : "
Tradition et authenticité créoles ". Cette nouvelle
édition mettra l'accent sur les meubles spécifiquement demandés
par la clientèle, et cela se déroulera du 10 au 19 août à la
Rivière Saint-Louis..
Tous les ans il y a nécessité pour les organisateurs
d'innover inlassablement chaque salon pour que les artisans
puissent séduire la clientèle réunionnaise et ainsi lutter
contre l'importation massive de produits d'ameublement qui sont
néfastes à nos artisans.
Le mobilier créole est un patrimoine de valeur, parmi celui-ci
figure le fauteuil créole.
Il est fait de tamarin (arbre endémique qui poussent dans les
forêts d'altitudes des Mascareignes). Le tamarin des Hauts est de
la famille des Mimosacées (acacias) et pousse exactement entre
1000 et 1500 mètres. Il fournit un excellent bois
d'ébénisterie.
La plupart des grands domaines de la Réunion possèdent des
meubles créoles.
Cette forme de fauteuil est de style de la Compagnie des Indes.
Son encadrement est fait de tamarin ou de natte vernis, lustrés
et son assise est cannée de rotin.
Ce type de fauteuil équipe les varangues créoles, ouvertes
où l'on prend le frais. Il évoque la sieste et la conversation.
Il est placé dans cette pièce et est en général au nombre de
quatre au moins. Ils sont accompagnés
d'un guéridon sur lequel trône un cache-pot en cuivre contenant
un " fanjan " de capillaires ou de fougères ; et dans
un coin une sellette coiffée d'un beau napperon fait au crochet
supporte un autre " fanjan ", orgueil de la maîtresse
de maison puisqu'elle bichonne les moindres pousses sortant de
terre.
Ce fauteuil compte parmi les meubles les plus importants de la
première moitié du XIX ème siècle à la Réunion. Les modèles
qui sont à l'origine de ce type de meubles sont français, mais
ils se réfèrent au mobilier de style Régency qui est en vogue
en Angleterre entre 1820 et 1830.
Les menuisiers locaux adaptèrent le fauteuil aux conditions
climatiques tropicales de notre île, en remplaçant le cuir
capitonné par une assise cannée. Ce cannage nous vient
d'Extrême Orient. Tout le long de l'encadrement de bois, une
série de trous sont percés afin d'y faire passer le brin de
rotin que des doigts agiles vont canner.
A partir de 1950 ce siège devient comme l'emblème du mobilier
créole et le symbole d'un certain art de vivre et d'une certaine
aisance. Dans les maisons créoles on trouvera en plus de ces
fauteuils, des chaises créoles cannées et faite de bois de
tamarin elles aussi. Le fauteuil aura plusieurs variantes, mais la
plus courante est de forme basse. D'autres auront des sculptures
en partie inspirées de style indo-portugais perpétué par les
ébénistes de la Réunion. Comme tout meuble de valeur, le
fauteuil créole se transmet de génération en génération.
Tous les ans se tient à La Rivière Saint-Louis, un salon de
meubles créoles : Expobois, où tous les artisans peuvent se
faire connaître, et ainsi remplir leurs carnets de commandes.
Cette localité se veut être " vitrine de l'ébénisterie
réunionnaise ". Ce salon est très fréquenté, c'est
l'animation de l'endroit. Il permet aux artisans de se démarquer
par
rapport à leurs collègues, et surtout il assure la
commercialisation de leurs oeuvres.
Dans ce genre d'exposition, on trouvera des meubles de prestige
pour le faste, l'élégance, mais aussi des meubles plus modestes
usant de matériaux très simples.
Avant l'existence de ce salon, les artisans travaillaient
plutôt en circuit fermé, repliés sur leurs habitudes, sur une
tradition répétée et souvent monotone. Depuis, ils travaillent
en harmonie, et évoluent ; certains font des escaliers en bois
noble, d'autres des consoles, des lits-bateaux, des armoires, des
bibliothèques et bien sûr, le meuble-roi : le fauteuil créole
dont il est question ici.
Chantal .L.
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